La Bohème au Teatro Filarmonico

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La Bohème est l’un des chefs-d’œuvre les plus célèbres de Giacomo Puccini. Située dans le Paris bohème, l’opéra raconte l’histoire d’amour émouvante entre Rodolfo, un jeune poète, et Mimì, une modeste couturière. Leur relation, pleine de tendresse et de fragilité, est entourée par l’amitié, la passion et les rêves d’un groupe d’artistes. La musique de Puccini, lyrique et expressive, touche directement le cœur. Au Teatro Filarmonico de Vérone, La Bohème offre une soirée inoubliable d’émotion, de poésie et de romantisme.

 

Argument

La Bohème ne comporte que quelques mesures d'ouverture. L'action se déroule à Paris en 1830 et 1831, sur le thème de la « vie de bohème ».

 

Premier tableau

Dans une mansarde parisienne.

Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline, quatre artistes de la « bohème », partagent une mansarde insalubre. Rodolfo est poète alors que Marcello, artiste peintre, entretient une liaison avec la belle et riche Musetta. Ils doivent payer le loyer mais ils n'ont plus un sou.

Marcello est en train de peindre pendant que Rodolfo regarde par la fenêtre. Afin de se réchauffer, ils brûlent le drame de Rodolfo, encore à l'état de manuscrit. Colline, le philosophe, entre, en colère. Il n'a pas réussi à mettre en gage ses livres. Schaunard, le musicien arrive dans la pièce avec nourriture, cigares, argent, fruits d'un travail avec un excentrique gentleman anglais. En train de se jeter sur la nourriture, les autres l'écoutent difficilement raconter son histoire. Schaunard les interrompt. Il repousse le repas en déclarant qu'ils vont plutôt aller fêter leur bonne fortune en dînant au Café Momus.

Alors qu'ils boivent, le propriétaire, Benoît, fait son apparition avec l'intention de collecter le loyer. Ils le saoulent. Benoît en vient à raconter ses amours et à révéler l'existence d'une maîtresse, alors qu'il est marié. Feignant une grande indignation, les locataires le mettent dehors.

Rodolfo reste seul pour finir un article qu'il doit rendre sous peu. Ses trois amis sont descendus et l'attendent. Une femme frappe à la porte. C'est une voisine. Elle demande de l'aide car sa bougie s'est éteinte et qu'elle n'a pas d'allumettes. Sa chandelle rallumée, elle se rend compte qu'elle vient de perdre sa clé. Les deux bougies s'éteignent. Les voisins se retrouvent plongés dans l'obscurité. Rodolfo empoche la clé car il désire passer plus de temps avec cette femme. Il se saisit de la main glacée de sa voisine, se présente et déclare son amour (« Che gelida manina/Quelle petite main glacée »). Mimì, c'est en fait le surnom de cette femme, lui répond sur le même mode (« Mi chiamano Mimì/Ils m'appellent Mimi »). En bas, les amis de Rodolfo s'impatientent. Rodolfo suggère de rester dans la mansarde mais Mimi décide de l'accompagner. L'acte se clôt par la sortie du couple de l'appartement dans un duo d'amour (« O Soave Fanciulla/O douce jeune fille »).

 

Deuxième tableau

Dans le Quartier latin.

Une grande foule s'est pressée, des vendeurs de rue essaient de retenir l'attention (Chœur « Aranci, datteri! Caldi i marroni/Oranges, dattes! Marrons chauds »1). Les amis apparaissent, pleins de gaieté. Rodolfo achète à Mimì un bonnet. Des Parisiens bavardent avec des amis et marchandent avec les vendeurs, des enfants s'exclament devant les jouets de Parpignol. Les amis entrent au Café Momus.

Tandis qu'ils dînent au Café, Musetta, autrefois la maîtresse de Marcello, arrive avec un riche et vieux conseiller d'État, Alcindoro. Elle parle à ce dernier comme à un petit animal. Il est évident qu'elle est lassée de lui. À la joie des Parisiens et, pour le plonger dans l'embarras, elle entonne une chanson osée « Quando men vo/Quand je vais le long ». Elle espère retenir l'attention de Marcello et y réussit pleinement : Marcello n'en peut plus de jalousie. Afin d'être débarrassée d'Alcindoro pour un moment, Musetta prétend souffrir d'un pied et l'envoie chez le cordonnier. Durant l'ensemble qui suit, Musetta et Marcello tombent dans les bras l'un de l'autre et se réconcilient.

L'addition est présentée aux protagonistes. À leur consternation, ils se rendent compte que l'argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta, rusée, met l'addition complète sur le compte d'Alcindoro. Un bruit de soldats se fait entendre. Marcello et Colline s'emparent de Musetta et la portent sur leurs épaules alors que la foule applaudit. Lorsque tous ont disparu, Alcindoro est de retour avec la chaussure réparée, tout en cherchant Musetta. Le serveur lui présente la facture. Alcindoro, devant la somme réclamée, s'effondre dans un fauteuil.

 

Troisième tableau

À la Barrière d'Enfer.

Des camelots franchissent les barrières et entrent dans la ville. Parmi eux se trouve Mimì, toussant violemment. Elle est à la recherche de Marcello, qui vit dans une petite taverne. Il peint pour le propriétaire des lieux. Mimì lui raconte ses difficultés avec Rodolfo, qui l'a quittée cette nuit (« O buon Marcello, aiuto!/Bon Marcello, aide! »). Marcello lui révèle que Rodolfo est endormi à l'intérieur. Cependant celui-ci vient juste de se lever et cherche son ami. Mimì se cache et écoute Rodolfo raconter à Marcello qu'il est parti parce que Mimì n'arrête pas de jouer les coquettes. Mais, finalement, il avoue la véritable raison : il craint que sa compagne ne soit atteinte d'une maladie la dévastant lentement (sûrement la tuberculose). Rodolfo, trop pauvre, ne peut se révéler d'aucun secours pour elle. Il espère que sa rudesse va amener Mimì à chercher un autre homme, plus fortuné. Mimì, qui a tout entendu, ne peut s'empêcher, en toussant, de révéler sa présence. Rodolfo et Mimì chantent leur amour perdu. Ils élaborent des projets pour se séparer amicalement (Mimì : « Donde lieta uscì/D'où il est content qu'il soit sorti »), mais leur amour est trop fort. Ils en arrivent à un compromis : ils se sépareront au printemps, à la saison des fleurs. Pendant ce temps, Marcello a rejoint Musetta, et le couple se dispute avec férocité (Quatuor Mimì, Rodolfo, Musetta, Marcello : « Addio dolce svegliare alla mattina!/Au revoir doux réveil du matin! »).

 

Quatrième tableau

De retour dans la mansarde.

Marcello et Rodolfo sont apparemment en train de travailler. En fait, ils ressassent la perte de leurs amours (Duo: "O Mimì, tu più non torni/O Mimi, tu ne reviens plus"). Schaunard et Colline arrivent avec un dîner frugal et tous font semblant d'être attablés à un mirifique banquet. Ils dansent et chantent. Musetta arrive et apporte des nouvelles : Mimì, qui avait pris un riche protecteur, vient de le quitter. Musetta l'a trouvée errant par les rues, sévèrement affaiblie par sa maladie. Elle la ramène dans la mansarde. Mimì est installée dans un fauteuil. Marcello et Musetta partent céder les boucles d'oreille de cette dernière pour acheter un remède. Colline va lui aussi mettre son pardessus en gage (Colline: "Vecchia zimarra/Vieux manteau"). Schaunard, pressé par Colline, quitte lui aussi la pièce en silence pour laisser Mimì et Rodolfo ensemble. Seuls, ils se rappellent leur bonheur passé. (Duo, Mimì et Rodolfo: "Sono andati ?/Sont-ils partis?"). Ils revivent leur première rencontre - les bougies, la perte de la clé... Pour la plus grande joie de Mimì, Rodolfo lui montre le petit chapeau qu'il lui avait acheté. Il l'avait gardé en souvenir. Les autres reviennent avec un manchon pour réchauffer ses mains et des médicaments. Ils avertissent Rodolfo qu'ils ont appelé un médecin, mais Mimì est déjà évanouie. Alors que Musetta prie, Schaunard voit Mimì et croit qu’elle est déjà décédée. Rodolfo devine ce qui va arriver ensuite. Il crie avec désespoir le prénom de son amour.

Programme et distribution

Teatro Filarmonico

Le Teatro Filarmonico ou Théâtre philharmonique de Vérone est le théâtre d'opéra principal de la ville deVérone, Italie, et est probablement l'un des opéras les plus importants d'Europe. Le Teatro Filarmonico a été construit en 1716 et reconstruit après l'incendie du 21 janvier 1749 et de nouveau après le bombardement allié du 23 février 1945. Le théâtre est depuis sa création la propriété de l'Accademia Filarmonica di Veronamais est néanmoins utilisé par la fondation de l' Arène de Vérone comme siège de la saison lyrique hivernale.

 

Histoire

Au début du xviiie siècle il a été décidé de construire un grand théâtre destiné à l'opéra. Les travaux débutent en 1716 et durent 13 ans. L'inauguration a lieu le 6 janvier 1732, avec la dramatique pastorale Fida Ninfa d'Antonio Vivaldi, d'après le livret de Scipion Maffei. La saison d'opéra devient célèbre faisant la renommée du théâtre, mais le 21 janvier 1749, un incendie provoque sa destruction. Reconstruit, le théâtre est ré-inauguré en 1754 avec l'opéra Lucio Vero du compositeur napolitain Perez Davide qui ne connut qu'un succès limité.

Au cours du xviiie siècle, pendant l'invasion française, une longue série de spectacles ont lieu dans le théâtre, comme la Cantate per la Santa Alleanza (« Cantate pour la Sainte-Alliance ») de Gioachino Rossini.

Le théâtre accueille de nombreux chanteurs internationaux, et parmi son répertoire figurent les œuvres les plus célèbres du mélodrame italien et étranger.

Dans la nuit du 23 février 1945, le théâtre s'effondre sous les bombardements anglo-américains. L'Orchestre philharmonique de l'Académie annonce sa reconstruction à l'identique. Après une longue procédure et au projet de l'architecte Vittorio Filippini, le théâtre est finalement inauguré en 1975, avec l'opéraFalstaff, d' Antonio Salieri.

Encore aujourd'hui, le théâtre accueille les spectacles de la saison d'hiver, des ballets et des concerts. Son répertoire d'opéras comporte les plus célèbres opéras italiens et internationaux (La Sonnambula, Le Barbier de Séville, Tosca ...) et d'autres œuvres comme Un jour du royaume, Manon Lescaut d'Auber, de Loreley Catalani ...).

 

Architecture

La structure actuelle du théâtre est le résultat de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Les lignes architecturales sont le résultat de la reprise des dessins originaux de Francesco Galli da Bibbiena.

Le théâtre à l'origine se compose d'une salle « à  l'italienne » avec cinq étages de loges décorées avec des feuilles et de coquillages dorés à l'or fin qui descendent graduellement vers la scène pour permettre une bonne vision à l'ensemble des spectateurs.

L' avant-scène possède une ouverture latérale de manière à pouvoir être divisée en trois parties (on retrove cette caractéristique au théâtre d'Imola).

Après l'incendie de 1749 quelques changements sont effectués : l'avant-scène est réduite grâce à la fermeture des ouvertures latérales ; remaniement des arcs scéniques afin de rendre la scène plus harmonieuse avec les chanteurs ; ajout des gradins de l'avant-scène ; élimination de la descente graduelle et changement des décorations.

Aujourd'hui, le théâtre possède trois rangs de loges, chacune avec une décoration différente dorée, un balcon et une galerie avec la restauration du dispositif de la pente graduelle vers la scène.

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